Faut-il tuer l'aïeul ?


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Lorient est une ville neuve, et pour cause : elle a été détruite à 90% par les bombardements de la guerre de 1939-1945.

La ville anéantie n’était pas très ancienne puisque construite à la fin du XVII° siècle. La Compagnie des Indes, trop à l’étroit à Port-Louis, avait en effet transféré son chantier naval au fond de la rade, en un lieu jusque là désert.

exterieur
C’est pourtant à Lorient, sur la rive droite de l’estuaire du Scorff que se trouve l’un des plus anciens édifices de la région : le château de Tréfaven. Il est plus ancien que la citadelle de Port-Louis, que la “maison des Princes” de Pont-Scorff (actuelle mairie) et presque aussi vieux que les tours Bro-Erech d’Hennebont. Il capte le regard dès que l’on s’engage sur le pont Saint-Christophe avec sa grosse tour ronde presque à fleur d’eau.




Une riche histoire

Tréfaven est une très ancienne seigneurie appartenant à l’origine aux seigneurs de Kemenet-Héboé. Par mariages successifs, elle échoit aux sires de Léon puis aux Rohan en 1322.
Tréfaven est reconstruit en 1482, par Louis II de Rohan-Guémené qui transforme le simple manoir d’origine en place forte pour surveiller les estuaires du Scorff et du Blavet. Le château comporte alors deux tours rondes encadrant un corps de logis, une cour et un jardin, le tout enclos de murailles.

Croquis
Château de Tréfaven avant sa démolition en 1803
Dessin coll. de M. H. de Cussé

A la fin du XVII° siècle, la Compagnie des Indes loue la forteresse et y aménage un hôpital. En 1770, aprés la liquidation de la Compagnie des Indes, Louis XVI reprend le bail de Tréfaven au bénéfice de la Marine Royale qui y entrepose des poudres.
Vendu comme bien national à la Révolution, Tréfaven héberge un bagne.
En 1803, une des tours du château et une partie des bâtiments s’écroulent lors d’une tempête. Un décret impérial décide alors la cession du château par le propriétaire “pour cause d’utilité publique”. La Marine Impériale en fait un magasin à poudre.
Du château de Louis II de Rohan-Guémené ne subsiste donc qu’une tour et le corps de logis réaménagé.
Jusqu’en 2001, la Marine Nationale a occupé Tréfaven et en a fait un centre de pyrotechnie.
Actuellement, le château, toujours propriété de la Marine, est fermé mais non gardé et est en proie au pillage de matériel et de matériaux et aussi au vandalisme. Pourtant les locaux seraient encore très utilisables et on ne peut qu’admirer la qualité de l’escalier à balustrade de bois et le travail de charpente.

Escalier                       charpente

Quel est l’avenir du vieux Tréfaven ?

La Marine souhaite s’en séparer, la municipalité ne semble pas intéressée par ce patrimoine qui recèle dans ses vieux murs toute l’histoire de Lorient. On a même parlé de raser le château pour laisser place nette à un éventuel promoteur !
On a aussi évoqué la possibilité de transformer Tréfaven en base nautique, mais sans écho…
Bien sûr le réaménagement de ce site admirable demanderait bien des investissements mais l’absence de démarches, de projets concrets, le silence qui plane sur ce berceau lorientais ne sont-ils pas évocateurs d’une “chronique d’une mort annoncée” ?